Mira, la curieuse brass… fumisterie ?

Warning : certains d’entre vous vont certainement me détester pour avoir publié cet article. Mais sachez que je ne suis pas journaliste, ni la fille cachée d’Elise Lucet, je suis juste une consommatrice de bières qui s’est sentie trahie. Alors j’en parle, tout comme je pourrais parler des bières que j’aime, et celles que je trouve dégueulasses.

 

Donc comme vous le savez pour la plupart, l’occupation de mon temps libre consiste à 1) boire de la bière et 2) visiter des brasseries de la région pour mieux les connaître. C’est donc tout naturellement que je me suis dirigée vers les bières de la Brasserie Mira ; étant sur le Bassin d’Arcachon, je me suis dit qu’il ne fallait pas que je loupe une bière locale (j’en connaissais déjà une, mais peut-être y en avait-il plusieurs ?).
Alors ravie, je ramène avec moi à Bordeaux des bouteilles de Mira : une blonde et la « Saint-Patrick », certifiée bio (tout ce que j’aime dis donc). Dans mon élan de curiosité, j’appelle dans la journée la Brasserie Mira, suite à ma visite sur leur site internet, pour convenir d’un rdv pour une visite physique de leur brasserie (comme je le fais toujours).

« Concession Renault bonjour ? » – Je n’étais pas sûre d’avoir compris, mais je réponds après quelques secondes de doute que je souhaite en savoir plus sur la Brasserie Mira. On transfère mon appel à une autre personne. Je me présente, Carol-Ann, j’écris un blog sur les bières artisanales, blabla, j’aimerais visiter votre brasserie. On me répond alors que c’est impossible, car la brasserie n’est pas encore construite. Ah. Elle est en travaux, m’assure-t-on, et même qu’elle sera brassée avec de l’eau de source grâce à un forage à 270m de profondeur. Cool. Mais un truc m’arrête : « sera » ? On m’annonce ensuite que les bières sont donc brassées, en attendant, à l’IFBM (Institut Français de la Boisson, de la Brasserie et de la Malterie). Que je serai en mesure de visiter la brasserie en automne 2017. Je remercie et je raccroche.

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Il semblerait donc que j’aie affaire à une bière à façon, d’après les premiers éléments de mon enquête. Ou peut-être à des brasseurs nomades, ou encore des brasseurs en projet d’ouverture de brasserie qui manquent de fonds et qui louent du matériel, en attendant de pouvoir ouvrir leur propre brasserie. J’ai d’ailleurs pu consulter plusieurs articles fort intéressants à ce sujet que je vous invite à consulter, celui de la Fine Mousse et celui de Happy beer time.

En soi, je n’ai rien contre ce type de bières, surtout quand il s’agit de brasseurs qui manquent de matériel mais qui ont écrit des recettes et souhaitent les tester. C’est pas bien grave, j’en connais beaucoup qui ont commencé comme ça, et ça ne m’empêche pas d’adorer leurs bières. Cela étant dit, la majorité mentionnent sur leurs étiquettes que c’est fabriqué à tel endroit, dans telle brasserie (par exemple j’ai noté que la ferme-brasserie Rabourdin dans le 77 revenait souvent).

Mais dans ce cas précis, ce qui me dérange le plus, c’est qu’on m’aurait menti sur l’origine de ma bière. Et je n’ai pas eu besoin du vendeur pour me faire une idée : voici les photos de la blonde que j’ai achetée, et de la carte postale que j’ai prise par la même occasion.

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Il est inscrit, bien lisiblement, que c’est la bière du Bassin d’Arcachon. Vu comme tel, pourquoi est-ce que j’irais demander au vendeur où elle est brassée, hein ? Alors oui, c’est sûr que si on les appelle, ils nous diront avec la plus grande honnêteté et transparence que c’est brassé à Nancy. Mais combien de consommateurs appellent les brasseries pour visiter ? Peu, j’imagine.
Après cet appel, j’ai regardé de plus près la contre étiquette de mes bouteilles. Sur la blonde, je vois écris « Produit à QUALTECH« (= l’Institut dont elle me parlait à Nancy. De rien.). Rien de plus. Sur la bière de la Saint-Patrick, il n’est même plus mentionné qu’elle est produite dans une autre région puisqu’on ne trouve que la mention du siège social, au 180 avenue de l’Europe à la Teste-de-Buch (sur le Bassin donc). Qu’est ce qui se trouve à cette adresse, précisément ? Ben, la concession Renault ! En effet, les deux fondateurs de la Brasserie Mira-qui-n’existe-pas ne sont autres que Jacques Bellec, gérant de cette concession, et Aurélien Rey, son directeur marketing. Bon, après avoir trouvé cette information, je pense que je peux rayer la mention « Brasseurs manquant de fonds pour ouvrir leur propre brasserie« , non ?

Le lendemain matin, encore un peu énervée d’avoir été prise pour une conne sur la bière que j’ai payée, je me rends sur leur page Facebook pour leur poser une petite question innocente.

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Bon ok, c’était peut-être un peu trop frontal. Mais quand bien même.
Vous pouvez partir à la recherche de ma publication sur leur mur, il a été supprimé par leurs soins, en 2 minutes. Et mon profil, bloqué. Je ne peux plus aimer leur page, commenter leurs publications… Rien. On m’a complètement évincée.

Et ça, ça m’énerve VRAIMENT. Ils auraient pu se contenter de me répondre avec leur petit discours bien rôdé comme j’ai eu au téléphone, bon ça ne m’aurait pas satisfaite mais je leur aurais sûrement foutu la paix après ça.
Alors que là… Avouez que c’est louche. Comme s’ils avaient des choses à cacher. Du coup j’ai décidé que je n’en resterai pas là. Et j’ai bien fait.

Une communication qui ne laisse pas de place au doute

La question qui me taraudait le plus c’était de savoir DEPUIS QUAND la brasserie Mira commercialisait ses bières et communiquait sur ces dernières. Je n’ai pas eu à chercher bien loin, Google aidant ; j’ai retrouvé des articles de presse, tout simplement.

Le plus ancien (que j’ai pu trouver, du moins) date d’avril 2016, sur France bleu (ici). Donc presque un an qu’on annonce la venue d’une « bière du Bassin ».
On continue en avril 2016 avec l’interview pour TVBA (tv du Bassin d’Arcachon), que vous pouvez visionner ici. Je tiens quand même à relever une citation de Jacques Bellec, parce que ça me fait rire jaune : « sur le Bassin, y’a pas de bière, pourquoi pas en faire une » (Monsieur Bellec, votre étude de marché est faussée, il y a déjà un brasseur sur le Bassin). Mais il insiste : « c’est pas possible, y’en a pas sur le Bassin, faut qu’on aille en faire une ». Bah oui, ça alors.
Juillet 2016, le Sud-Ouest publie un article au titre explicit, « La Teste-de-Buch : une bière 100% Bassin ». On parle du projet de brasserie au futur (encore heureux), mais la légende de la photo indique tout de même « Jacques Bellec et Aurélien Rey sont à l’origine de la bière arcachonnaise Mira, non pasteurisée, non filtrée et brassée avec l’eau du bassin. ».

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Du coup la bière elle est arcachonnaise, ou pas encore, ou va l’être, ou bien…? Je ne suis pas très sûre là.
Je continue de citer : « Les travaux de forage pour atteindre l’eau sont prévus en septembre 2016. » Nous sommes en avril 2017, alors la foreuse est bien là, hein, mais il n’y a qu’elle. « […]une ouverture prévue en mars 2017 » ; les retards de chantier, vous mêmes vous savez. Patientons encore, et continuons de boire la seule, l’unique bière du Bassin (oh wait, j’ai pas mentionné dans un article précédent une autre bière du Bassin ?), qui n’est pas brassée sur le Bassin. Je dirais plutôt, dans ce cas, pour être plus transparente avec les autres consommateurs : la bière revendue sur le Bassin, et prétendant être du Bassin, mais pas encore vu que la brasserie n’existe pas.

Lorsque j’en ai parlé au téléphone avec eux (enfin avec la seule personne que j’ai pu avoir au téléphone, car oui je les ai rappelés), on m’a dit que c’était les journalistes qui s’étaient enflammés, que Mira restait transparente si on lui demandait d’où elle venait. Ca fait quand même beaucoup de journalistes qui s’enflamment, non ?
Mais, et les revendeurs, ils sont au courant eux, que ce n’est pas un produit local qu’ils vendent ? On m’assure que « 99% des revendeurs » me diront que ce n’est pas brassé sur le Bassin. Alors comme je n’aime pas les statistiques balancés au hasard, je me suis permise de contacter leurs revendeurs, pour vérifier. J’en ai contacté, je crois, plus d’une dizaine. Par téléphone, physiquement, par email. 99% d’entre eux m’ont répondu que oui, c’était bien la bière du Bassin d’Arcachon, brassée à la Teste. Alors, ces vendeurs sont-ils au courant et me mentent-ils délibérément, ou est-ce que le commercial aurait « omis » de mentionner que c’était brassé dans l’Est de la France ? Je n’en sais rien. Et je ne sais pas ce qui est le plus grave entre les deux.

Je vous laisse visionner par vous-mêmes, ça ira plus vite. Et n’hésitez pas à me dire à quel moment vous avez l’impression que ce n’est pas brassé à la Teste, surtout.

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Voilà.

Bon, vous l’aurez compris, je résume le problème :
Achat d’une bière qui nous laisse croire qu’elle est locale > elle ne l’est pas > ça nous énerve d’être pris pour des jambons > on est victimes de publicité mensongère et de pratiques commerciales trompeuses.

Attention : je crois que leur sonnette d’alarme a été tirée depuis quelques semaines (mon coup de fil aidant, j’imagine) et ils se sont empressés de retirer de leurs étiquettes la mention « Bière du Bassin d’Arcachon ». Je vous fais un petit avant/après de leur site web ? (vous pourrez également remarquer la suppression de « 100% artisanale », mais le « authentique et local », lui, est bien là).

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Bon, qu’est-ce qu’ils pourraient nous faire d’encore pire, histoire de pousser le vice jusqu’au bout ?

Ils se sont dit que « bio » et « marketing » rimaient bien

Je l’ai mentionné plus haut, j’ai acheté une de leurs bières (la Saint-Patrick) car elle portait le label européen Agriculture bio UE (bah oui, c’est dans mes habitudes de consommation, je suis ce qu’on appelle communément une bobo-écolo-hippie-vege). Parce que j’apprécie la démarche des producteurs, parce que je me sens plus responsable, bref ça me regarde mais voilà, l’étiquette m’a clairement poussée à acheter cette bière-là et pas une autre.

Sauf que depuis tous les soupçons que j’ai eus concernant cette curieuse brasserie, j’ai décidé d’aller plus loin dans mes recherches.

Facile de vérifier vu que les certificats bio sont en libre accès sur le site d’Ecocert (vous trouverez le leur sur ce lien). Oh wait… Certifiés depuis le 30/03/2017 ? Mais la Saint-Patrick, c’est pas plutôt le 17 mars ? Je n’étais pas au courant qu’on pouvait apposer le label bio sur un produit en cours de certification… Et puis, pourquoi sont-ils enregistrés en tant que « Transformateurs »? Comme ça a été expliqué plus haut, ils sous-traitent et se contentent de revendre un produit fini. Tandis que « transformateur » se réfère à celui qui TRANSFORME le malt en bière, donc à Qualtech (IFBM) en l’occurrence, pas à Mira directement.

Comme je ne suis pas une experte des labels BIO, quelqu’un en qui j’ai confiance s’est chargé de faire les vérifications auprès des organismes compétents, à savoir Ecocert eux-mêmes et l’INAO (Institut National de l’Origine et de la Qualité). Leur réponse est très simple : NON, ils ne sont pas autorisés à faire référence à la certification, étant donné que le processus de certification de la brasserie ET de son sous-traitant n’est pas achevé.

Je ne parlerai même pas de l’illégalité évidente de cette pratique, mais je tiens à souligner les conséquences d’un tel acte : il y a bon nombre de producteurs en cours de certification bio, qui suivent le long processus de validation, qui perdent beaucoup d’argent et de rendement (je pense surtout aux producteurs de vin) pour obtenir ce label, et prouver leur responsabilité envers l’environnement, leur engagement, leur détermination, c’est le fruit d’un travail difficile. L’accès aux houblons est déjà difficile pour des brasseurs artisanaux, je vous laisse imaginer pour ce qui est des houblons bio.
Ce que je constate ici, c’est un total mépris de ce label, au profit du marketing, de la vente, de l’image. Au-delà du fait qu’un gérant de Renault fasse du bio soit risible, il donne également raison à tous ces discours auxquels on a droit, en tant que consommateur ou producteur, tels que « le bio n’est que du marketing », « c’est pour pouvoir vendre plus cher », « ça ne veut rien dire aujourd’hui »…

J’ai été trompée non seulement sur l’origine de leur produit à cause de leurs publicités, mais également sur sa qualité, en pensant acheter une bière bio (je l’ai choisie POUR CELA). Voilà pourquoi j’écris cet article. Parce que si en tant qu’amatrice de bières j’ai pu être trompée, je n’imagine pas ce que peuvent penser des consommateurs occasionnels de bière. Pendant que de vrais artisans de la région s’efforcent de redorer le blason de la bière artisanale, de promouvoir la région et ses richesses, de contribuer à l’essor de la consommation de bières en France… il y a ces personnes, en face, qui s’auto-proclament « brasseurs-malteurs », qui vendent des produits en s’appropriant une identité locale, qui trompent leurs consommateurs et très probablement leurs revendeurs, qui contournent ou violent délibérément la loi.

Aujourd’hui 5 avril 2017, Mira lance sa « toute première bière bio » *s’étrangle*
Je ne suis la porte-parole de personne, je ne défends qu’une chose : le travail bien fait.
Il y a deux choses que je ne supporte pas : l’injustice, et être prise pour une idiote. Donc forcément, Mira et moi, ça ne pouvait pas coller.

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MISE A JOUR DU 21/04/2017

Cette mise à jour fait suite à la publication d’un article paru dans le Sud Ouest hier, le 20 avril, concernant la brasserie Mira. Il est malheureusement réservé aux abonnés mais, miracle ! j’en fais partie. Et je vais vous décortiquer tout ça car je préfère quand les choses sont claires.
Juste pour vous dire rapidement ce qu’il s’est passé durant les 16 jours qui ont suivi la publication de mon article : nous sommes à un peu plus de 7700 vues et quelques 200 partages (je n’ai pas les chiffres exacts hélas). Comme vous vous en doutez, j’ai eu le droit à pas mal de remarques désobligeantes (mais aussi et surtout beaucoup, beaucoup de soutien et d’encouragement). J’ai aussi eu le privilège d’être surnommée « Fantômette » par la curieuse brasserie, d’être victime de fausses accusations (création de faux profils, cyber-attaque -lololol-  et imagination débordante) de leur part et de menaces publiques (« Mira veille » sur moi paraît-il) et privées. Prévisible.

Ils n’ont jamais souhaité répondre de manière, je dirais, intelligente à mon article, mais ont tout de même tenu à « s’expliquer » dans un article du Sud-Ouest. Je trouve ça un petit peu… Bref.

2017-04-21Donc voici l’article en question, « Mira sera brassée cet été ». Bon. Déjà ça confirme bien une chose, je ne vous ai pas menti, elle n’a jamais été brassée sur le Bassin. Mais c’est un aveu ce titre ?

En soi, rien de nouveau sous le soleil quand on lit l’article, c’est du vu et revu. Les deux entrepreneurs sont allés se former « plusieurs semaines » à l’IFBM à Nancy, lieu où est d’ailleurs « actuellement brassée la bière Mira dont ils ont inventé « plusieurs recettes en adéquation avec [leurs] envies » ». Fort bien, vous n’avez plus besoin de les appeler pour savoir d’où ils viennent, ils ont enfin révélé le secret de leur bière au grand public ! Ca aura pris presque un an mais mieux vaut tard que jamais, non ? On apprend également que la dalle de 1 000m² pour l’unité de production sera coulée cette semaine, et que l’ouverture est bien prévue pour fin juin 2017. Youpi, j’espère que je recevrai mon petit carton d’invitation pour l’inauguration.
Egalement l’annonce d’une « unité de production de limonade, puis de boissons gazeuses « spécifiques au Bassin » et même une distillerie de boissons liquoreuses. » (pour faire du Chouchen arcachonnais peut-être ? – oui je sais le Chouchen n’est pas distillé…)

Je cite la suite qui là, m’énerve un tout petit peu :

D’où la polémique née autour de la mention « Bière du Bassin », apposée sur les premières étiquettes. Jacques Bellec s’en explique : « Pour nous, c’est un projet testerin et du bassin d’Arcachon à 100 %. Tous les employés sont du Bassin (5 actuellement), nos stocks sont ici ».

Après une visite de la répression des fraudes, la mention a été retirée de l’étiquette. « On la remettra quand la bière sera brassée ici ». D’autant qu’elle sera préparée, fin juin, avec une eau « très pure », forée à 300 mètres, sur le site.

Alors juste comme ça, car le choix des mots est important, je me permets de rappeler la définition du mot « polémique » même si nous la connaissons tous :
« Polémique : Discussion, débat, controverse qui traduit de façon violente ou passionnée, et le plus souvent par écrit, des opinions contraires sur toutes espèces de sujets (politique, scientifique, littéraire, religieux); genre dont révèlent ces discussions. »

A partir de là, j’aimerais bien maintenant qu’on m’explique QUI a créé cette polémique et POURQUOI. La polémique suppose de la discussion et un débat : comme vous avez pu le constater, discuter avec Mira s’est avéré être un échec et le débat n’a pu avoir lieu vu que j’ai été bloquée de leur page Facebook et qu’ils m’ont attaquée… sur cette même page Facebook. Comment me défendre, argumenter, débattre quand on me bloque l’accès ? De même, je ne pense pas qu’il s’agisse là d’une « opinion contraire » puisque tout ce que j’ai avancé était prouvé et véridique : il ne s’agit pas de mon opinion personnelle mais de faits.

Donc à la lecture de cet article, j’ai eu l’impression que Jacques Bellec et Aurélien Rey étaient les pauvres petites victimes de vilains grands méchants qui complotent contre eux. Mais mais mais... Et où sont les excuses que j’attends ? Je ne les vois nulle part. A quel moment ces « brasseurs » s’excusent-ils d’avoir trompé leurs consommateurs (volontairement ou pas, on s’en fout) à cause de leurs pratiques commerciales ? Je ne vois cela mentionné nulle part. Non par contre on nous rabâche encore les oreilles avec cette foreuse et cette eau « pure » (sauf que pureté et composition en minéraux + pH c’est pas vraiment pareil et que chaque style de bière a son type d’eau mais ça on n’a pas dû correctement l’expliquer à l’IFBM) – maaaarketing.

Je continue ? « la mention « Bière du Bassin », apposée sur les premières étiquettes ». Les PREMIERES ? Mais ça faisait presque un an que la bière était vendue avec la mention « Bière du Bassin », on se foutrait pas un peu de moi là ?

Donc si je comprends bien le « mea culpa » qui n’en est pas du tout un de M. Bellec, son projet se concentrait sur le Bassin, son stock se trouvait sur le Bassin, donc c’était deux raisons suffisantes pour s’auto-proclamer « bière du Bassin » ?

Allez bisous et à la prochaine hein.

 

 

 

30 commentaires

  1. Bonjour,

    Abonné depuis peu à votre newsletter, ce soir, j’ai (enfin) pris le temps de la parcourir…
    Bravo pour la qualité de l’écriture, et surtout la qualité du travail !

    Je vous rejoins à 100% : c’est fatigant ces « brasseries » créées de toute pièce qui ne brasse pas eux-mêmes…
    Je ne comprends pas pourquoi ils ne le mentionnent pas ? Surtout que mettre en signature : recettes que nous avons imaginée, brassé par l’IFBM est un gage de créativité (si c’est leur création ?) et de garanties/qualité avec l’IFBM derrière…

    Beaucoup de brasseries ont commencé comme cela. L’entraide entre brasseurs existe…
    Vous voyez ma signature de mail : je travaille pour une brasserie, au commerce. Par le passé, nous avons aidé des brasseurs à se lancer (il y en a une à 15km de chez nous… Nous leur lavions les bouteilles dans les années 1980 !). Et cela peut encore arriver.

    Je serai curieux de connaître l’avis du SNBI.

    Bonne continuation, et peut-être au plaisir de vous rencontrer au Biarritz Beer festival.

    Cordialement,

    [Signature]

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    1. Bonjour, Merci beaucoup pour votre commentaire. C’est tout à fait ce que je pense : la transparence me paraît essentielle, par respect des consommateurs et des producteurs. Il n’y a rien de mal à brasser chez un collègue, ca donne d’ailleurs souvent des choses très intéressantes ! Mais lorsque je m’efforce de consommer (en règle générale) des produits locaux, et que je paye plus cher mes produits bio par conviction, j’aimerais ne pas être trompée de la sorte.
      Vous pouvez suivre la page du SNBI qui s’est positionné clairement sur cette affaire. À bientôt, sûrement à Biarritz !

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  2. Bonjour, sur le Bassin tout le monde sait que cette bière n’a rien de locale. Si vous pensez qu’il y a fraude un signalement auprès de la DGCCRF ou de la DDPP de Bordeaux suffit.
    De mon point de vue Mira, c’est juste un échec.

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      1. Parce que je suis content qu’un blog de qualité se développe. Avec un article fouillé, un vrai sujet et pas un titre vendeur avec un article un peu rapide derrière (nota:je vise personne), du temps passé pour creuser les informations et -je trouve- un style agréable à lire.
        Et si en plus tu rajoutes du kaamelott, je me délecte. Ca marche à tous les coups.

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  3. Merci pour cet article très complet et très bien documenté.
    Je suis sidérée devant tant de roublerie ! Clairement je ne vois qu’une chose : FAIRE DU FRIC !
    Ça m’écœure…
    Je relaie ton article sans tarder !!!

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  4. Bonjour, je ne suis l’avocat de personne mais j’aime Bien avoir un avis pondérés et je me permets de donner mon point de vue :
    En ce qui concerne le bio pour moi il s’agit avant tout d’un état esprit alors oui ils fraudent s’ils indiquent « bière bio » alors qu’il sont en cours de certif mais l’important n’est ce pas qu’ils utilisent depuis longtemps des malt issus de l’agriculture biologique qui respecte la nature et donc notre terre par l’utilisation limitée de produit chimiques?
    En ce qui concerne la garantie de l’origine ok encore une fois on peux les accuser de « tromper » le consommateur mais de toutes façons ils n’y a pas ici de notion de qualité liée à l’origine car ils ne produisent ni le malt ni le houblon utilisé. Finalement que les ingrédients soient transformés ici ou ailleurs ca ne change pas grand chose sur la qualité intrinsèque du produit (à part peut être à cause de l’eau) non?
    Encore une fois je ne défends personne et je n’aime pas non plus être trompé mais j’essaye de voir le bon côté de chacun à chaque moment…

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    1. Cet article est pondéré. Il remet les pendules à l’heure c’est tout. Le bio marketing c’est un fléau. Le label bio est là pour rassurer le consommateur engagé dans cette démarche que le produit respecte le règlement. Si un produit est vendu sous le label bio en avance de phase, ça met un doute et ça discrédite le label. L’important c’est qu’ils utilisent des matières bio on est d’accord mais si il n’y a pas eu de contrôles qu’est ce qui nous certifie que c’est bien le cas?RIEN. Déjà que les contrôles ne garantissent pas la fraude… Au delà du bio, cela est un peu évoqué dans l’article, cela pose un problème de concurrence déloyale vis à vis d’autres producteurs qui respectent les échéanciers imposés par les organismes certificateurs. Enfin comment avoir confiance en une entreprise sur le bio qui ment délibérément sur l’origine de la bière. Cela n’a pas l’air de vous choquer parce que « ce n’est que de la bière ». Que penseriez si un des huitres estampillées bassin d’Arcachon étaient vendues sur le marché à La Teste et qu’on découvrait qu’elles étaient élevées en Bretagne?

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      1. Je ne dit pas que cela ne me choque pas et je place la bière à sa juste valeur et même un peu au dessus (pour cause j’en fabrique et j’en boit) comme je l’ai dit j’essaie simplement de voir le positif en chacun et accorde le doute à tous. Et je suis aussi d’accord que ca ne fait pas du bien au copain d’à côté qui lui est droit dans ses bottes… peut être est-ce le système qui est à revoir je ne sais pas. Comme vous dites les contrôles ne garantissent pas l’absence de fraude 😉
        Pas de critique de l’article simplement je me permettais de donner mon avis ici. Vive le bio la biodynamie notre belle planète et la bière!

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    2. En l’occurrence, je crois bien que ce qui énerve le plus la rédactrice n’est pas forcément le fait que la bière n’est pas effectivement brassée « sur le Bassin », « avec de l’eau du Bassin » (préalablement dessalée ? Sont vraiment malade, les pseudo-journaleux, de gober et d’écrire des trucs comme ça, sans rien vérifier ; et encore, là, c’est « que » pour de la bière, mais ça fait peur pour des sujets autrement plus importants…). Elle-même sait bien que la chose n’est pas rare, quand des (vrais) amateurs de bière se décident à ne plus juste jouer dans leur garage mais à se lancer en public (!). C’est même plutôt courant, le temps de se faire connaître et de monter en cadence. Ce qui est plus douteux, c’est de tout faire pour cacher la chose, en enfumant au passage les journalistes à coup de messages subliminaux er même plus. Et puis, je crois bien qu’elle aurait été beaucoup plus indulgente s’ils ne l’avaient pas bloquée sur Facebook, alors qu’elle faisait seulement part d’une interrogation, de manière certes directe, mais correcte. Ceci dit, le pompon est décroché avec la fraude sur l’appellation AB.

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  5. JE suis de l’avis de Thierry Jean, s’ils mentent sur le certif bio, il faut porter plainte/prevenir les autorités compétentes !
    au moins on sera sûr qu’ils n’usurpent plus personnes, et ca les calmera surement.

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    1. Ce n’est pas à l’auteure de cet article à le faire et rien ne nous dit qu’aucune démarche n’ait été entreprise. L’article dit 2 choses: la bière n’est pas faite sur le bassin d’arcachon alors que les étiquettes, le site internet et facebook laissent penser le contraire. Mira a vendu de la bière bio avant d’avoir la certification: c’est factuel. Elle éclaire le consommateur. Le problème, c’est que le renouveau de la bière artisanale fait qu’il y a un vide juridique et que certains comme mira s’engouffre dans la brèche. Ce n’est pas parce qu’ils ne sont pas condamnés que la démarche n’est pas mensongère et extrêmement malhonnête. Beaucoup de personnes achètent local par conviction et pour faire marcher l’économie locale. Elles sont dupées et c’est pour ça que je trouve cet article extrêmement honnête et factuel alors que c’était facile de tomber dans la mauvaise foi et le haineux.

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  6. Interressant , mais comment sont donc ces vierges? Bonnes? Pas bonne?
    Qu’ils truandent c est une chose et merite sanctions , mais pour avoir parfois bu des bierres artisanales et locale que je ne aimait pas du tout, finalement parlez nous aussi du contenu au lieu de n’ergoter que sur l’etiquette du contenant….
    Merci pour votre blog tres instructif.

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    1. Bonjour Éric ! J’ai volontairement décidé de ne pas parler de la qualité de la bière, et je ne pense pas, personnellement, qu’il soit pertinent de la comparer aux locales et artisanales (qui m’offrent très souvent de belles surprises). Ce que je souhaitais mettre en avant ici est l’aspect mensonger de leur marketing, je ne souhaite pas remettre en cause le travail du/des vrais brasseurs de l’IFBM qui au final n’ont pas grand chose à voir avec cette histoire.
      Merci pour votre commentaire !

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  7. Malheureusement, c’est une pratique courante ! Mais là j’avoue qu’ils font fort !
    Il y aussi ceux qui brassent un peu sur place avec un equipement restreint par rapport à leurs ambition histoire de montrer qu’ils ont une brasserie. Ensuite ils font tout le reste en allemagne ou ailleurs pour limiter le risque en terme de croissance, de marché pour ensuite éventuellement investir lourdement. C’est sur qu’en terme de couts et de rentabilité c’est efficace. Tu fais presque rien et t’encaisses ! Ca finance ton investissement. C’est juste scandaleur quand tu te revendiques artisan et local en même temps.

    Y’as fort heureusement pleins de superbes petites brasseries qui font de la bonne bière locale avec des valeurs autres que marketing et business…

    super article en tout cas !

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  8. Bonjour,
    Je suis restaurateur, je travaille des produits locaux. Votre article est révélateur de la difficulté à se fournir chez d’authentiques producteurs. Il est un réel élément de jugement pour nous qui achetons, utilisons et revendons des dizaines de produits. Nous savons par la pratique que les labels sont une forme de démission de la construction d’un avis, d’un choix. Je préfère de loin un Producteur local qui m’ouvre son atelier, son labo, qu’un label ou une affiche alléchante. J’affirme même que si la com’ est trop belle, le produit y perd. Un bon producteur est rarement un bon communicant, ne serait-ce qu’en temps de travail. Et inversement ma méfiance envers les bonnes comm’ s’est souvent révélée justifiée. Nous avons aussi eu dans le Morbihan, une bière « brassée à l’eau de mer » condamnée pour publicité mensongère, l’eau de mer était « reconstituée » (sic). Décidément on brasse beaucoup… d’air, le long des golfes pas très clairs.

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  9. En fait, il y a maintenant un article dans sud ouest qui valide tout ce que tu as écrit !! Et pour les étiquettes c’est faux. On trouve encore des bières chez les cavistes estampillées  » bière du bassin d’Arcachon « !!

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  10. Bravo excellent article, voila du travail de journaliste ☺ merci beaucoup pour ces informations, pour votre travail de collecte et de synthèse. Quant au fond nous sommes bien sur le bassin ou malheureusement la tendance est aux petits arrangements entre gros investisseurs qui nous vendent du rêve en boite a prix d or.

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  11. BRAVO! Enquête rudement bien menée et révélatrice qu’aujourd’hui en France, il est très facile de développer une activité commerciale fantôme et faire croire qu’elle existe réellement.
    Je ne sais pas si ça existe, mais une page Facebook (ou une application) qui recenserait tous nos producteurs locaux (avec leur assentiment), éviterait peut-être de se faire berner et de nous vendre du vent à prix d’or !! Et aussi, de nous faire connaître les néo-producteurs et futur projets.

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