Visites de brasseries

Oskare&co, la bière qui grimpe

(les juges de Facebook ont donné leur verdict, maintenant je fais du plagiat. Ah. J’ai tenté de faire un jeu de mots en pensant « escalade » et « bière » pour le titre, et pas de chance, c’est aussi ce qu’il y a écrit sur la bière de Fontainebleau, la Pachamama. Désolée de ne pas penser à tout. La prochaine fois si vous pouviez m’attaquer sur le fond plutôt que pour mes fucking titres, ça serait cool. Cordialement)

Mardi soir, 21h, direction rue des Grands Champs chez Arkose Nation pour rencontrer Louis. Enfin, pour le revoir, puisque j’ai rencontré Louis il y a maintenant un an.

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Au début, ça peut paraître surprenant. Arkose, pour rapidement vous décrire le concept, est une salle d’escalade de bloc mais aussi un lieu de vie – restaurant, bar, cours de yoga, pilates… lancé il y a 3 ans (peut-être plus maintenant ?) initialement à Montreuil par Steve, Grégoire, Lyes et Samy. Et le concept a pris, a marché, ils ont rapidement pu se développer dans plusieurs villes de France – Bordeaux (où j’ai travaillé durant 1 an), Lyon, Paris Nation, Massy, et bientôt Marseille, Tours…

Et là, je vois déjà arriver certains beer snobs qui se disent qu’il s’agit encore d’une entreprise qui a de l’argent, et qui en profite pour l’investir dans cette petite niche qu’est la bière artisanale. Oui mais non, en fait. Pas cette fois. Comment j’le sais ? Bon, déjà, parce que je connais les initiateurs du projet de la brasserie, parce que j’étais là quand ils ont commencé à en discuter, et que je trouvais ça génial. Arkose a toujours tenu à travailler localement, de manière éco-responsable et en circuit court. C’est pourquoi les bières bouteilles qu’ils proposent (et maintenant certaines en pression) sont artisanales, indépendantes et locales. On ne retrouvera pas de Deck&Donohue à la salle de Bordeaux, ou inversement de Burdigala à Arkose Massy. Alors, la suite logique, dans leur volonté de promouvoir depuis le début les bières artisanales, c’était de produire la leur. J’ai envie de dire, s’ils avaient eu envie de faire leur propre potager pour fournir leur restaurant, ça n’aurait choqué personne. Ben là c’est pareil, mais avec de la bière.

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Le projet est donc né en août 2016. L’idée d’un partenariat entre Arkose et Louis, qui brassait en amateur depuis bientôt 3 ans, a vraiment pris forme une fois les premiers essais réalisés dans la petite salle de bain des bureaux de Montreuil avec un matériel amateur.

 

 

En juillet 2017, Louis se rend chez Deck&Donohue, se forme avec les brasseurs et surtout brasse la première bière signée Oskare&co, la Pincette. Les 35hl de cette IPA au Citra et Simcoe ont été écoulés dans les 2 mois, distribués dans les 3 salles de la région parisienne ; un petit succès, d’autant plus qu’elle est très bien reçue par les consommateurs. Le nom de la Pincette fait évidemment référence à la pratique de l’escalade !

 

 

 

Pour faire dans la saisonnalité, l’automne est synonyme de l’arrivée de la Boule (aucun rapport avec Fort Boyard, hein), un porter fumé bien noir et à la mousse bien dense. Pourtant, en bouche, on est un peu surpris par la légèreté et la sécheresse de la bière, par l’équilibre du fumé qui est là sans prendre le dessus. C’est léger et plein à la fois, facile à boire, et long en bouche. 11% de malt fumé au bois de hêtre dans cette bière, tout de même, et pourtant j’ai pas l’impression d’avoir mangé par erreur mon cendrier. Du coup, j’en ai quand même bu 2 verres, ce soir-là, pour être sûre que je l’aimais bien.

 

 

 

Et la gamme continue de s’étoffer, l’hiver approchant. Une Triple, la NoFoot (ça, c’est quand tu grimpes sans les pieds, CQFD) qui titre à seulement 7.2% abv (« je colle pas vraiment au style », dixit Louis, mais faut aussi penser aux grimpeurs qui boivent ça après leur séance n’est-ce-pas) mais qui, par contre, nous amène gentiment en Belgique avec sa robe dorée intense, son nez un peu levuré, épicé, et sa bouche ronde et ample. Douceur, oui, mais pas trop. C’est équilibré, ni trop ni pas assez, c’est le sucre comme j’aime le boire et ça colle pas mon palais. Les épices du houblon viennent rafraîchir le tout en finale, et du coup j’ai descendu mon demi en à peu près 6 minutes. Mais bon.

Toutes les bières sont et continueront d’être en carbonatation forcée, volonté de la part du brasseur de garder constance et maîtrise.

 

 

Mais, me direz-vous, comment une salle d’escalade peut-elle avoir l’espace nécessaire pour brasser sa propre bière ? Comme mentionné plus haut, c’est chez Deck & Donohue que Louis s’est formé et a brassé les premières bières d’Oskare&co. Il a pu profiter de l’expertise de Mike tout en testant ses recettes, en attendant d’avoir sa propre unité de production, dans un bâtiment de 500m² collé à la salle de Nation. Donc, ne nous enflammons pas trop vite, il s’agit bien de brasser en nomade (et pas à façon). En effet, 6 cuves de 1250l sont attendues, avec une cuve d’empâtage Braumeister en vue de produire environ 1000hL par an.  Et, dans l’idéal, se fournir en local (c’est-à-dire dans un rayon maxi de 250km), Pour le malt, qui est bio, ça va. Pour le houblon, il est en projet de travailler avec la houblonnière la Houf, qui produira notamment du Nugget ou du Magnum, entre autres.

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#portraitdebrasseur

Qui se cache derrière le « &co » ? Oskare, vous l’aurez deviné, est l’anagramme d’Arkose. La « co. », ce sont les futures collaborations, que ce soit avec d’autres brasseries ou avec des graphistes, dessinateurs, artistes… Collaboration également avec la Chef du restaurant, pour travailler les accords mets et bières.

D’autres brassins viendront évidemment compléter cette jolie gamme, comme une Pale ale prometteuse et peut-être bien une bière de bruyère, histoire de bousculer un peu nos grimpeurs.

Le récap’

  • Oskare &co est le projet commun d’Arkose et de Louis, le brasseur
  • Pour l’instant, leurs bières sont disponibles dans leurs salles d’Ile-de-France (voir où elles se trouvent ici), mais à partir de vendredi quelques unes seront vendues dans le concept store Aujourd’hui Demain à Paris ;
  • Louis brasse en nomade ses propres recettes le temps d’avoir sa brasserie ;
  • Avant, il était ingénieur dans le bâtiment et c’est à Singapour qu’il a songé à sa reconversion ;
  • Si vous n’aimez pas la bière, vous pouvez toujours grimper. Paraît que c’est presque aussi bon pour la santé.
  • Vous avez sûrement remarqué que les photos de l’article sont bien plus belles que d’ordinaire. C’est normal, elles ne sont pas de moi, mais ont été prises par Eudes Quittelier et je vous invite très vivement à regarder son boulot de gue-din.

 

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On vous remercie chaudement d’avoir lu l’article !

 

 

(2 commentaires)

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