J’ai testé… le brassage maison (et c’est pas encore une réussite)

Ca faisait un bon moment que j’avais à la maison un kit de brassage que je n’osais pas utiliser. Et puis un beau jour, B Maker m’a envoyé un de leur kit et je me suis enfin lancée… dans la bière maison.

Alors cet article n’est pas vraiment là pour vous donner des conseils. Car on a fait de vrais carnages pour les quelques brassins maison. Par contre, on a malgré tout adoré ça (pas les carnages, juste le brassage), et on continuera d’en faire jusqu’à enfin obtenir une bonne bière (ou un truc buvable au moins…) ! Si vous voulez de vrais conseils, visitez plutôt Univers bière, Happy Beer time, Comment brasser sa bière ? ou Homebrewers.be.

Non, si j’ai décidé d’écrire ici sur nos brassins maison (après pas mal d’hésitation), c’est plus pour dédramatiser la situation et dire « allez, lancez-vous, c’est l’fun ». Même si y’a des ratés. Même si parfois on se dit qu’on n’aurait peut-être pas dû. Même si c’est dégueu à la fin.

Est-ce qu’on peut brasser PARTOUT ?

J’aurais tendance à dire oui, avec quelques réserves tout de même. En tant que banlieusarde de Paris, je sais ce que c’est de vivre dans des cages à lapin, et honnêtement j’aurais pas tenté l’expérience lorsque je vivais dans mes 11m2 y’a quelques années. Mais en vrai, tant que vous avez de l’eau potable et un moyen de faire chauffer, j’ai envie de dire… tout ou presque est possible.

Par exemple, nos deux premiers brassins ont eu lieu dans notre 30m2 montreuillois. On était même plusieurs dessus, on s’est certes marché les uns sur les autres à quelques étapes, mais c’était faisable. Ce qui nous a posé pas mal de soucis, par contre, c’était de trouver un endroit à la température stable pour la fermentation (entre 18°C et 24°C, disons). Dans un petit espace, pas toujours facile (y’a toujours une fenêtre, une porte d’entrée, un radiateur, un truc pas constant).
Aujourd’hui, on vit dans plus grand, et j’avoue qu’avoir une vraie cuisine + un jardin + une pièce fermée et sombre où la température ne bouge pas est tout de même un atout non négligeable.

Est-ce que ça coûte CHER ?

Y’en a pour tous les budgets ! On peut démarrer avec le kit d’initiation de B Maker, à 24,95€ (celui sur lequel j’ai commencé), pour 1,5L de bière maison.. Ca demande peu de matériel, c’est rapide et bien foutu. Très adapté aux petites cuisines, en somme. Et pour voir si on a envie de se lancer sans trop dépenser.
Pour rester chez B Maker et monter en gamme, ils ont aussi un kit tout grain (donc avec du vrai grain, pas de l’extrait) à 64,95€ pour 3L (bien sûr après on rachète que la recharge, à partir de 19,95€, pas tout le kit).

Les offres de kits de brassage sont nombreuses et diverses. Je ne vais pas faire de comparatifs ou de suggestions (vous pourrez en trouver ici ou ), mais juste vous dire dans quoi nous avons investi pour nos premiers brassins.

Voilà de quoi nous disposons actuellement :

Kit débutant Rolling beersKit de brassage débutant Rolling Beers (69€), pour voir tout ce qu’il contient cliquez ici

moulin-a-cereales-ecoUn moulin pour concasser le malt (on l’a acheté avant que Rolling Beers ne propose d’acheter du grain déjà concassé… tristesse) à 41€ (c’est le premier prix mais ça fait le travail)

brewferm-cuve-de-brassage-electrique-en-inox-27-lUne cuve de brassage électrique Brewferm 27L à 150€ (oui on avait envie d’un truc plutôt précis mais on a pris le 1er prix parce que faut pas déconner)

Et c’est à peu près tout, je crois. Un peu d’huile de coude, aussi. Donc d’après mes calculs nous sommes déjà à plus de 250€ de matériel, MAIS c’est un choix (enfin pas vraiment, le kit 20L on me l’a offert) et on peut brasser une belle quantité de bière donc ça me parait rentable. On peut évidemment remplacer la cuve de brassage électrique par une grosse marmite en inox qu’on bricole un peu pour y ajouter un robinet. Il faut bien sûr rajouter le prix de l’eau et de l’électricité à la note (eh oui, c’est pas gratuit ces conneries), j’ai aucune idée de combien ça peut représenter mais c’est à prendre en compte (pas grand-chose, à mon avis). Pour les bouteilles, on fait juste de la réutilisation (après stérilisation) !

Où trouver les ingrédients et les recettes ?

On a essayé la deuxième fois d’écrire notre propre recette. « Lol ». C’est trop de calcul pour moi, ça mérite beaucoup de lecture et de logique, donc j’ai laissé tomber pour le moment (mais je continue de lire sur le sujet pour un jour, peut-être, les faire moi-même). Du coup, je prends les recettes sur le blog Little Bock, que je trouve très bien fait, et si on se crée un compte on a un outil assez complet pour suivre toute la recette, l’ajuster suivant comment se passe le brassin, et suivre la fermentation à l’aide d’un calendrier.

Pour les ingrédients, eh bien je me base sur la recette que j’ai choisie, et je commande chez Rolling beers. Je ne sais pas si c’est le meilleur fournisseur ever, mais jusqu’ici j’en suis satisfaite. On peut par exemple commander au gramme près pour la recette, donc pas obligé d’acheter minimum 1kg de malt spécial quand on a besoin de 400g. Mais ça coûte plus cher. Donc j’imagine que ça dépend de votre espace de stockage, aussi. Et du budget.

C’est difficile de brasser ?

En soi, non, si on suit bien les étapes. MAIS. C’est un tas de petits challenges à relever, qui peuvent vite mal finir – on en rigole après coup. Donc je vais relever les points qui nous ont posé problème, c’est peut-être pas universel, loin de là, mais si ça peut vous éviter quelques déconvenues… (ou alors on était vraiment mal organisés, ce qui est possible aussi)

  • Les températures. C’est un contrôle non stop, à chaque étape, et quand ton thermomètre de cuisine bon marché décide de ne plus fonctionner, on commence à transpirer. On va donc bricoler une sonde pour contrôler au poil près la température pendant l’empâtage, car là c’était beaucoup de « ah c’est trop chaud. ah c’est encore un peu trop chaud. Bon bah on verra ».
  • Les robinets à ne pas boucher. Ca parait tellement évident. Est-ce qu’on avait pour autant pensé à cette éventualité lors de l’empâtage ? Non. Est-ce qu’on a passé 20min avec un cintre pour le déboucher ? Oui. (j’avais prévenu qu’on était mauvais).
  • Les trucs qui peuvent faciliter la vie. Du genre, sortir le brewbag (le grand sac dans lequel on met le grain pendant l’empâtage, pour justement EVITER DE TOUT BOUCHER) pour la filtration, et se retrouver à le porter à bout de bras alors que ça pèse un âne mort (le grain mouillé, oui c’est lourd). Solution : grille du four posée sur la cuve, et le sac posé sur la grille. Est-ce qu’on a quand même foutu du moût partout autour ? Oui.
  • Gérer le refroidissement. C’est l’étape cruciale (potentiellement des bactéries peuvent infecter le brassin) et on a réussi à la foirer comme des rois. « Oh, il fait 5°C dehors, ça devrait vite refroidir ». Ben oui mais non. Passer 20L de 100°C à 24°C, ça ne se fait pas en 10 minutes dehors quand il fait froid. C’était pourtant évident, ça aussi. Pour le 2e brassin, on n’avait pas les sous pour investir dans un serpentin (qui permet de refroidir vite et bien). On s’en est sorti avec des bacs remplis d’eau et de glace, dehors. Bon… Ca a quand même pris presque 1 heure. Donc on va effectivement devoir investir. Ou bricoler. (je préfère investir)
  • Trouver un endroit à la température constante. J’en parlais plus haut, c’est un problème qu’on avait dans l’ancien appartement. On gagnait ou perdait des degrés tout le temps, et je crois savoir que ça n’arrange pas trop le truc.
  • La refermentation en bouteille. Bon, je balance le dossier : lors du premier brassin pour tester le kit B Maker, j’ai eu la main beaucoup trop lourde sur le sucre. Ma balance n’était pas assez précise (note à moi-même : acheter une balance précise), donc j’ai dû en mettre trop. On a mis les bouteilles dans le bas du dressing, au milieu des chaussures (riez, riez, mais c’était le seul endroit probable où les stocker). Est-ce qu’elles ont explosé en pleine nuit, nous réveillant en sursaut ? Oui. ET C’EST DANGEREUX. NE PAS REPRODUIRE A LA MAISON.

Il y a quand même des trucs cools : on se sent comme un petit chimiste/cuisinier, on tambouille, et la phrase que vous direz probablement aussi souvent que moi c’est « OLALA CA SENT SI BON! ».

Donc, à l’heure où j’écris cet article, on a une bière qui est en train de fermenter gentiment mais activement. Il s’agit d’une Black IPA (on espère que ça y ressemblera) brassée avec le groupe MIME (ALLEZ. ECOUTER.). Rassurez-vous, ils ne la vendront jamais à un concert, c’était juste une excuse pour venir à la maison, manger des quiches et des cookies, et boire de nombreuses bières.
Ne faites pas comme nous : essayez de brasser d’abord une SMASH (single malt, single hop), un truc simple. Pour voir le résultat. Soyez patients.

Bon, en tout cas, on a bien hâte de goûter ce qui se prépare. Et si jamais c’est buvable, on sera TELLEMENT fiers, parce qu’enfin, on aura réussi. Et si vous n’entendez plus jamais parler de cette Black IPA un jour, merci d’en déduire qu’on l’a encore foirée et que je ne souhaite pas en parler.

4 commentaires sur “J’ai testé… le brassage maison (et c’est pas encore une réussite)

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  1. Hello!!
    Merci pour ce moment de lecture, tous ces petits moments de solitude on les connait tous encore un peu quand on brasse. Tu n’as pas cité le coup du robinet laissé ouvert et le moût qui se répand au sol 😉 Ça ne vous est pas arrivé?
    En tout cas, fière de vous! Bravo, j’ai hâte de lire un prochain épisode!
    Un petit PS : tu parles de malt qu’on peut acheter déjà concassé. Certes pour débuter sans matériel c’est bien, mais dès que tu veux re-brasser régulièrement, l’achat d’un moulin est une meilleure option. Tu pourras extraire plus de sucres avec un malt juste concassé qu’avec un malt qui a séché plusieurs jours (meilleur rendement)!
    A bientot
    Aurélie

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  2. Hello Hoppy-hour !

    Ici Agathe, une oie brasseuse ! Enfin ex-brasseuse, rapport au fait que je suis aussi une Oie expatriee dans un des seuls pays qui interdit de brasser (la Malaisie … qui a de bien nombreux autres attraits, mais quand meme ;-))

    Bref, depuis le temps que je devais venir te lire … En tout cas hesite pas si tu as besoin de conseils ! (non, je suis pas du tout en train d’essayer d’assouvir du brassage par procuration)

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  3. Courage !!!! Faut juste lire et relire différentes expériences qu’on trouve facilement aujourd’hui sur internet et se dire que ça n’a rien de compliqué. C’est un vrai bonheur que de faire sa propre bière, c’est un univers tellement grand que lorsqu’on commence, on ne s’arrête.

    Après comme tu l’as bien décrit, faut être attentif à quelques détails, bien contrôler ses températures, surtout la fermentation. Comme on dit, on prépare le moût et ensuite ce sont les levures qui font la bière.

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